L’Odyssée de Hope refait surface

Le film s’ouvre sur la descente dans les profondeurs océaniques d’un sous-marin titanesque, tâtonnant à l’aveugle dans les vestiges de l’épave brisée. Lorsque la caisse métallique est enfin trouvée puis ramenée à la surface, c’est l’explosion de joie sur le pont.

Mais ouverte, elle ne révèle que la béance du vide qu’elle renferme, le cristal n’y est pas. A sa place le dessin griffonné au crayon d’une jeune femme nue, étendue sur un canapé, portant autour de son coup l’imposant diamant bleu.

C’est le Cœur de l’océan, vestige mnésique de l’amour perdu de Rose et de Jack à bord du Titanic.

Diamant bleu dans Titanic

Diamant bleu dans Titanic

Un funeste bijoux

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Plus de 10 ans après sa fermeture la Galerie de Minéralogie et de Géologie du Muséum national d’Histoire naturelle dévoile à nouveau ses trésors au public, comptant parmi sa collection de 130 000 minéraux et météorites une pièce historique : l’unique modèle en plomb du Diamant bleu de la Couronne.

C’est de ce diamant que semble s’être inspiré James Cameron dans son œuvre éponyme. La légende voudrait que le diamant Hope, nom attribué au Diamant bleu de la Couronne par son futur successeur, le banquier britannique Henry-Philipp Hope, ayant été volé sur une statue indienne de la déesse Sitâ soit porteur d’une malédiction condamnant chacun de ses propriétaires à la mort.

Le voyageur français Jean-Baptiste Tavernier, revenu d’Inde dans les années 1668 pour vendre le diamant à Louis XIV, aurait été le premier à en subir les conséquences, ruiné puis dévoré férocement par des bêtes sauvages.

Ainsi s’expliquerait la trajectoire funestement romantique de Jack et Rose, mêlée au destin macabre d’innombrables noyés.

Une longue épopée scientifique

Mais au-delà de la légende, les chercheurs ont eu bien des difficultés à retracer l’histoire factuelle de ce joyaux, volé au garde-meuble national pendant la révolution de 1792. Ce n’est que depuis la découverte en 2008 de cet unique modèle en plomb qu’il a été possible de fonder une continuité entre sa disparition et l’acquisition d’une pierre par le banquier Henry-Philipp Hope en 1842.

Si la filiation entre les deux bijoux a été si difficile à établir, c’est que le diamant fut probablement retaillé afin d’être plus facilement revendu en Angleterre. Il ne faut pas oublier que de 112,5 carats, Louis XIV le fit déjà retaillé par son joaillier pendant trois ans pour atteindre 69 carats.

Malgré cela le diamant Hope reste aujourd’hui encore le plus grand diamant bleu trouvé au monde, exposé au Smithsonian Institue de Washington, il est après la Joconde le deuxième objet d’art le plus visité avec 6 millions de visiteurs annuels.

Une campagne de financement participatif pour le musée

La réouverture de la Galerie de Minéralogie sera donc l’occasion de découvrir ou de redécouvrir la destinée extraordinaire de ce diamant, ayant parcouru en l’espace de 3 siècles l’Inde, la France, l’Angleterre et les États-Unis, avant de retourner en Europe pour achever ultimement son périple dans la ville de Washington. Une version rééditée du chef d’œuvre en oxyde de zirconium bleue sera présentée au cœur de l’exposition afin de donner aux spectateurs un aperçu de son impressionnante stature.

D’autres joyaux extraordinaires seront aussi présents dès le 19 décembre dans le cadre de l’exposition « Trésors de la Terre ». Le musée national d’histoire naturelle a pour cette occasion lancé via le site de financement participatif My major company une campagne destinée à réunir les fonds suffisants pour acquérir 3 incroyables spécimens minéralogiques :

  • un béryl de Madagascar unique au monde, vendue à 27500 euros
  • une bournonite de la mine des Malines dans le Gard à 16500 euros
  • une sphalérite de Roumanie à 6600 euros
Béryl vert de Madagascar

Béryl vert de Madagascar

Dès 15 euros les mécènes pourront voir leur nom ajouté à la liste en ligne des contributeurs, recevoir une invitation à l’exposition ou encore discuter avec d’éminents chercheurs.